
Le Forum national sur le foncier a refermé ses portes le 27 février 2026 à Ouagadougou, au terme de trois jours d’échanges intenses consacrés aux enjeux du foncier rural et à la cohésion sociale.
‎
‎Organisée du 25 au 27 février par la Commission épiscopale Justice et Paix du Burkina (CJP-Burkina), structure de la Conférence épiscopale Burkina-Niger, la rencontre était placée sous le thème :
‎« Foncier rural et cohésion sociale : quelle contribution de la société civile dans un contexte de réformes politiques ? »
‎✅Un hommage aux forces engagées pour la Nation

‎Dans son allocution de clôture, Monseigneur Alexandre Yikyi Bazie, président de la CJP-Burkina et du forum, a rendu un vibrant hommage aux Forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux Volontaires pour la défense de la patrie tombés pour la défense du territoire national.
‎Il a également exprimé sa solidarité envers les personnes déplacées internes affectées par la crise sécuritaire, appelant à un renforcement de la paix, de la justice et de la cohésion sociale.
‎
‎✅Des échanges jugés francs et constructifs
‎Le président du forum s’est félicité de la qualité des contributions, saluant des interventions pertinentes et sans complaisance.
‎Plusieurs départements ministériels, des organisations de la société civile, des autorités coutumières et religieuses, ainsi que des partenaires techniques et financiers ont pris part aux travaux. Ces concertations ont abouti à sept recommandations majeures en faveur d’une gestion plus équitable et transparente du foncier rural.
‎
‎Parmi les perspectives annoncées figure la publication prochaine des actes du forum afin de mettre les conclusions à la disposition des décideurs et des acteurs concernés.
‎L’accès des femmes au foncier, une priorité annoncée
‎Monseigneur Bazie a insisté sur l’organisation prochaine d’un forum spécifique consacré à l’accès des femmes à la terre, présenté comme un enjeu prioritaire dans la lutte contre les inégalités et les conflits fonciers.
‎Reconnaissant cependant les limites financières pour la mise en œuvre effective des recommandations, il a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux institutions publiques pour un accompagnement accru.
‎
‎✅Une dimension éthique et spirituelle rappelée
‎Au-delà des aspects techniques et administratifs, le président de la CJP-Burkina a souligné la dimension éthique et spirituelle de la question foncière.
‎Selon lui, la terre est un don à gérer avec responsabilité, justice et solidarité. L’Église catholique réaffirme ainsi son engagement à accompagner les communautés rurales, les personnes vulnérables et l’ensemble des acteurs afin de prévenir les conflits et promouvoir la paix.
‎Clôturant officiellement les travaux, Monseigneur Alexandre Yikyi Bazie a exprimé l’espoir que les efforts engagés permettront de « désamorcer la bombe foncière » et de bâtir une société plus fraternelle et apaisée au Burkina Faso.
‎
‎📌 Principales recommandations
‎
‎🏛️ À l’endroit du Gouvernement / de l’État
‎Traduire et vulgariser les procédures administratives foncières
‎⏩Former, informer et assister les citoyens dans l’obtention des actes.
‎Alléger les procédures d’élaboration des documents de planification spatiale
‎⏩Simplifier les démarches pour accélérer la mise en œuvre des politiques publiques.
‎Opérationnaliser le programme de restructuration et d’apurement du passif foncier
‎⏩Régler les litiges et situations foncières en suspens.
‎Veiller au respect de la destination des espaces publics
‎⏩ Garantir la conformité aux plans d’aménagement urbain.
‎Diligenter l’opérationnalisation du Système d’Information Foncière (SIF)
‎⏩Déployer les plateformes numériques foncières et renforcer les capacités des acteurs.
‎🤝 À l’endroit de l’État et des Organisations de la Société Civile (OSC)
‎Renforcer la collaboration avec les promoteurs immobiliers ;
‎⏩Faciliter la mise en œuvre des programmes de logement et améliorer l’accès au foncier sécurisé.
Par Ibrahim KONATÉ